Le président prend partie dans la campagne

, par Marc Champesme

Ce ne sera un scoop pour personne d’apprendre que le président soutient un-e des candidat-e-s à la présidence, mais jusqu’à présent il s’était abstenu de prendre publiquement partie dans ces élections, à fortiori, en tant que président.

Cependant, lundi dernier le président a franchi la ligne jaune en envoyant un courrier à l’ensemble des enseignants-chercheurs de l’UFR SMBH dans lequel le président prend violemment partie contre les listes "Démocratie - Action - Service Public" en attaquant JL Salzman (tête de liste collège A) et le snesup (qui soutient ces listes). Pour cela en plus de stigmatiser notre opposition à la LRU, il n’hésite pas à laisser entendre de manière mensongère que nous nous serions opposés au projet d’implantation de logements étudiants à Bobigny (en faveur duquel nous avons pourtant voté) et à la constitution du PRES (alors que nous avons voté pour le convention constitutive du PRES telle qu’elle avait été soumise au CA après différents amendements du CEVU et du CS).

Texte intégral de la lettre du président :

Villetaneuse, le lundi 11 février 2008

Mesdames, Messieurs les PU, MCU, PU-PH, MCU-PH, PH, PHU, AHU, chefs
de clinique, chers coliègues, cher amis de SMBH,

J’avais souhaité en tant que président de l’université Paris 13 peser le moins
possible sur la campagne électorale concemant l’élection aux 3 conseils CA, CS
et CEVU des 17 et 18 février prochain. Celle-cî, rendue nécessaire par le vote
de la loi dite « LRU » (votée le 10 Août 2007), sera suivie le 14 mars prochain
de l’élection du nouveau président par le seul CA.

J’ai finalement décidé de réagir, car je suis très inquiet et les évènements
actuels me poussent à intervenir. Une des listes déposées, celle de Jean Loup
Salzmann risque en effet de casser la dynamique que j’ai créée et développée au
cours de ces cinq dernières années :
- en premier lieu, la lisibilité de l’université Paris 13 a été confortée par
son implication dans la loi LRU qui attribue des nouvelles
compétences aux universités ; ainsi elle est une des 20 premières à
avoir demandé la possibilité d’accéder à ces nouvelles compétences
(maîtrise du budget global, de la masse salariale, du foncier) et cinq
inspecteurs généraux de l’éducation nationale sont actuellement sur
place pour un audit devant faciliter cet accès.
- en deuxième lieu, j’ai œuvré au développement de coopérations
équilibrées entre toutes les composantes (en particulier avec les trois
IUT) afin que les synergies ainsi réalisées soient profitables à tous.
Pour que la parole des composantes puisse être entendue et respectée,
j’ai institué dès le début de mon mandat une réunion mensuelle des
directeurs qui est aujourd’hui reprise par tous les candidats, ce qui
m’a permis de connaître leurs besoins et leurs désirs.

En ce qui concerne le campus de Bobigny, grâce à la coopération de tous,
un effort particulier de l’université a porté :
- sur les constructions et les aménagements (finalisés ou en voie de
réalisation) : ouverture de nouveaux locaux dans l’Illustration et
financement acquis pour la finalisation de sa réhabilitation
- sur le financement et la construction sur le campus, de logements
étudiants gestion CROUS, de logements professeurs invités et
chercheurs étrangers CROUS et CN0US
- sur l’amélioration du service intérieur par la création d’un véritable
service avec le transfert de supports et de personnels.

En ce qui concerne plus particulièrement l’UFR SMBH, l’université a
apporté :
- une aide importante à l’aménagement de ses laboratoires dans les
anciens locaux de SMBH
- un important soutien pour les laboratoires en création ou en
difficulté
- la création d’un nombre relativement important de postes
d’enseignants chercheurs et de BIATOS (au regard de la faiblesse
générale des créations nationales).

Or :
Sur les listes de Jean Loup Salzmann proposées à vos suffrages pour le conseil d’administration figure une majorité de collègues SNESup dont un élu du précédent CA, représentant national de ce syndicat dont on connait les
positions. Ceux-ci n’ont eu de cesse avec Jean Loup Salzmann de me combattre au CA sur toutes mes tentatives de modernisation et d’amélioration de la lisibilité de notre université, notamment en ce qui concerne les relations avec le CROUS pour les logements étudiants sur le campus de Bobigny, la loi LRU, ou le PRES (et ce ne sont que des exemples). Philippe Seguin expliquait dans une de ses dernières interventions que l’Etat se devait de favoriser les universités de Cergy-Pontoise, Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Evry-Val-d’Essonne et Paris Est Marne-la-Vallée ajoutant : « Preuve supplémentaire de leur dynamisme, ces universités ont parmi les premières adhéré aux PRES ».

J’ai pourtant été le premier président des 17 universités d’Ile de France à
vouloir en créer un mais je n’ai pu le finaliser du fait en particulier de l’attitude de Jean Loup Salzmann et du SNESup. Cette attitude récurrente fait que je suis très inquiet sur notre futur positionnement national ou international et que je m’interroge sur la réelle volonté de certains d’engager notre université sur la voie de l’excellence. Quel est aujourd’hui l’avenir d’une université qui se prononcerait majoritairement contre la loi « LRU » ?

Vous connaissez maintenant mes inquiétudes réelles. J’ai souhaité vous en faire part à un moment déterminant pour notre université. Je vous remercie par avance, de prendre au moment de votre vote la décision la plus favorable pour l’avenir de l’université. C’est ce qui a été ma ligne de conduite au cours de ces cinq ans.

Cordialement
A. Neuman