Université de Strasbourg

Motion du congrès de l’université de Strasbourg

, par Marc Champesme

Le Congrès de l’Université de Strasbourg a adopté à l’unanimité le
texte suivant…

Motion du congrès de l’Université de Strasbourg du 13 février 2009

Le congrès de l’université de Strasbourg demande le retrait des projets
de textes et décrets affectant la communauté universitaire dans son
ensemble (enseignement supérieur et recherche).

Le principe qui doit porter la définition des services et de ses
éventuelles modulations est celui de l’égalité fondamentale des
missions dans leur dignité et leur complémentarité. L’objectif ne sera
pas la recherche d’économies budgétaires, mais le développement de la
recherche et de l’enseignement au sein de l’université. Les
suppressions de postes sont totalement incompatibles avec cet objectif. Les
moyens doivent donner la possibilité de mettre en œuvre ces mesures avec
équité. La modulation des services ne peut pas être imposée. Elle doit,
dans le respect des intérêts individuels et collectifs, procéder de
critères objectifs notamment par une évaluation de toutes les missions et
services. Si modulation il doit y avoir il faut impérativement commencer
par fixer un plafond et un plancher pour chaque mission à partir d’un
volume d’heures. C’est pourquoi le congrès exige le retrait du projet
de décret sur le statut des EC en préalable de toute négociation. Il
réaffirme son attachement au statut et à la mission nationaux du CNU.

Le congrès de l’UdS s’oppose à une utilisation de nouveaux outils de
critérisation des moyens dans une logique uniquement comptable impliquant
la suppression d’emplois biatos. L’UdS s’engage à ne pas
s’orienter vers une précarisation de l’emploi des personnels, toutes
catégories confondues, et à défendre les statuts de la fonction publique
d’État dans l’enseignement supérieur. La répartition des moyens pour
la formation et la recherche réellement constatée est contradictoire avec
les priorités que le ministère fixe aux universités. Le congrès demande
que la critérisation et la répartition des moyens soient revues dans une
véritable concertation fondée sur la prise en compte des spécificités
de toutes les composantes (UFR, IUT, écoles).

Le projet de réforme de mastérisation de la formation aux métiers de
l’enseignement suscite inquiétude et désarroi dans la communauté
universitaire tant par la manière dont elle est conduite, que par son
contenu. Le congrès, sans être hostile au principe d’une
mastérisation, demande le retrait de ce projet qui précarise les futurs
enseignants et dissocie formation à l’enseignement et formation à la
recherche. Aucune maquette ne sera remontée dans ces conditions. Le
congrès manifeste sa solidarité avec les enseignants de l’IUFM, et
affirme son attachement aux concours nationaux et au caractère
universitaire de la formation aux métiers de l’enseignement. Il
reconnaît la compétence et la légitimité de l’IUFM au sein de la
communauté universitaire. La formation des enseignants doit se fonder sur
une formation disciplinaire forte cohabitant avec une formation
professionnelle incontestée. Le congrès constate que l’échéance de la
rentrée 2009 est caduque. Il attire l’attention sur les inquiétudes des
étudiants engagés dans la préparation des concours et refuse l’envoi
de propositions sans un nouveau cadrage national. Aucune réforme ne se
fera sans concertation. À titre conservatoire, le congrès demande le
maintien des concours dans leur forme actuelle.

La recherche fondamentale est au centre du projet universitaire ; elle
vivifie l’enseignement, teste les limites de la connaissance et nourrit
toutes les missions de l’université. Cette recherche fondamentale
contribue aussi de manière essentielle et non directement programmable à
l’innovation et aux transferts de savoirs vers la société et l’économie.
Le congrès réfute avec fermeté les propos de stigmatisation tenus par le
Président de la République. Les chercheurs sont les premiers à mettre en
œuvre une évaluation interne et externe collégiale sans complaisance. Le
congrès s’inscrit en faux contre la manière dont la situation de la
recherche est présentée à l’opinion publique.

Le congrès rappelle son attachement à la notion de service public et à
la valeur universelle de la recherche. Il demande l’arrêt de la
déstructuration des organismes de recherche, l’arrêt de la diminution
des moyens, afin de maintenir la présence de l’université sur tous les
champs de la connaissance.

Le congrès attache une importance particulière à la situation des jeunes
chercheurs. Le chantier du contrat doctoral, intéressant dans son principe
et sur certaines de ses propositions, doit cependant être repris ; dans
cette perspective, un réel effort doit être fait au niveau national en
direction des disciplines sous-dotées.

Le congrès réaffirme la nécessité à la fois de développer la
recherche fondamentale et la recherche appliquée au service de
l’intérêt général. Sans remettre en cause le principe d’une agence
d’évaluation indépendante, le congrès demande la présence en son sein
de membres élus ainsi qu’une amélioration des modalités de
fonctionnement.

La position adoptée par le congrès de l’Université de Strasbourg
exprime la volonté de la communauté universitaire d’impulser une
nouvelle dynamique au service de la formation des étudiants, du
développement de la recherche et de l’intérêt général.

S’inscrivant dans le mouvement de mobilisation nationale, le congrès
accompagne son rejet des projets de réforme actuel de propositions
concrètes dans tous ces domaines. En cette période de crise économique
et sociale, l’investissement dans l’Université avec comme finalités
le développement des connaissances et un renforcement de la qualité des
formations est l’une des meilleures réponses que l’on puisse apporter
au service de l’intérêt général.